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Stratégies de développement inclusif

Comment mettre en œuvre le développement inclusif à travers des actions de développement ?

Une approche systémique pour garantir l’accès aux services des personnes handicapées
Les approches inclusives au niveau communautaire
Exemples de projets inclusifs financés par l’Agence Française de Développement

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Messages clés

Une approche systémique pour garantir l’accès aux services des personnes handicapées

L’accès aux services est l’une des priorités pour réduire la pauvreté1. Dans les pays en développement, l’absence ou le dysfonctionnement d’un système de services support au niveau local, ainsi qu’un accès restreint à l’information concernant leurs droits et les services existants placent les personnes handicapées face à un choix limité entre l’isolement à domicile ou dans certains cas le placement dans une institution spécialisée. Leur potentiel en termes d’indépendance, de contribution à la société et de participation sociale est ainsi largement diminué, voire nié.

L’évolution nécessaire du système de services est la mise en place d’un système facilitateur, qui vise à appuyer les personnes handicapées afin qu’elles acquièrent et maintiennent un niveau optimal d’indépendance et de participation sociale, prenant en compte leurs facteurs personnels, leur environnement et leurs attentes. Dans un tel système, la personne accède à une diversité de services répondant à ses besoins spécifiques au niveau local, ce qui lui donne l’opportunité et le choix pour prendre des décisions sur son mode de vie.

Ce système facilitateur, intégrant la double approche du développement inclusif, doit permettre aux personnes handicapées d’accéder à l’ensemble des services ordinaires (prise en compte  transversale et intégrée, ou ‘mainstreaming’) et de bénéficier de services support spécifiques au handicap leur permettant une participation sur base de l’égalité avec les autres : par exemple une aide technique à la mobilité, un interprète en Langue des Signes, etc.

La mise en place de ce système facilitateur implique d’identifier quelles sont les lacunes dans son fonctionnement, et d’agir de manière coordonnée et cohérente d’un secteur à l’autre du développement  afin de :


Légende: ce schéma sous la forme d'un triangle illustre les interactions entre les acteurs clés du système de services »: les prestataires de services, la société civile, dont les personnes handicapées et des OPH, en tant qu'utilisateurs de services, et les autorités ou les décideurs.

Les approches inclusives au niveau communautaire

On estime que les besoins de réadaptation de 80% des personnes handicapées pourraient être satisfaits au niveau communautaire. Seuls les 20% restant requerraient un référencement vers un type de service spécialisé.3 Cette affirmation incite donc à rechercher quelles réponses sont possibles sur une échelle de proximité. Ce faisant il s’agit aussi de contribuer à réaliser le droit des personnes handicapées à vivre de manière autonome et être inclus au sein de leur communauté4.

La Réadaptation à Base Communautaire
Des pistes d’action peuvent être trouvées dans les évolutions récentes du concept de Réadaptation à Base Communautaire (RBC)5, d’une approche initialement centrée sur la réadaptation fonctionnelle à une approche holistique couvrant l’ensemble des services, et d’une approche pilotée essentiellement par les acteurs des services vers une participation réelle de la communauté dont les personnes handicapées.
La RBC est une approche qui s’appuie avant tout sur les ressources locales de la communauté et insiste sur l'importance de la participation directe des personnes handicapées dans la planification et la mise en œuvre des actions qui les concernent, la nécessité d'une collaboration accrue entre les secteurs fournissant des services, et la nécessaire implication des acteurs politiques. La RBC recouvre une diversité d’initiatives qui visent à favoriser l’identification, l’information et le référencement des personnes handicapées pour améliorer leur accès aux services et leur participation.

Le Développement Local Inclusif
Le Développement Local Inclusif (DLI) est une approche similaire, qui vise à favoriser la plus grande participation des personnes handicapées sur un territoire donné. Issu du développement local plutôt que de la réadaptation (RBC), le DLI s’inscrit dans les cadres de la décentralisation et accorde une importance particulière aux processus de bonne gouvernance locale et de gestion inclusive d’un territoire. Il met en œuvre un développement inclusif au niveau local à travers le renforcement des associations de personnes handicapées, afin qu’elles puissent prendre part à la définition, la mise en œuvre et le suivi des priorités du développement, par exemple via les espaces de concertation.

« L’adoption du « réflexe handicap » par tous les acteurs de la vie locale, dans le cadre d’une politique locale transversale et intégrée du handicap, est fondamentale. Cette démarche est basée sur les principes suivants : une concertation effective, la reconnaissance de la citoyenneté, le développement de l’accessibilité, de l’école pour tous, de l’emploi plutôt que de l’assistanat, la sensibilisation du public à la différence, l’égal accès à la prévention et aux soins, l’impulsion d’une solidarité de proximité »6.

Exemples de projets inclusifs financés par l’Agence Française de Développement

L’Agence Française de Développement et Handicap International collaborent depuis plusieurs années pour une meilleure prise en compte du handicap dans le développement. Cela s’est traduit principalement par trois types de collaboration :

1. Le co-financement de projets inclusifs des personnes handicapées, dans des domaines variés, mis en œuvre par Handicap International et ses partenaires

2. L’apport d’une assistance technique pour l’intégration du handicap dans le cadre de la mise en œuvre de projets financés par l’AFD auprès d’autres acteurs du développement

3. Un appui technique à la prise en compte du handicap par l’AFD, via des actions comme la sensibilisation de ses personnels ou la production de ce cd-rom.

 

1. « La pauvreté se caractérise par un manque d'accès aux biens essentiels, aux services, aux biens et aux opportunités auxquels l'être humain a droit. Chacun devrait être libre de la faim, devrait être en mesure de vivre en paix, et devrait avoir accès à l'éducation de base et soins de santé primaires. Les ménages pauvres survivent par leur travail et doivent être justement rémunérés et protégés contre les chocs extérieurs. En outre, les individus et les sociétés sont également pauvres - et ont tendance à le rester –s’ils n’ont pas les capacités et le pouvoir d’action pour participer à la prise des décisions qui impactent leur vie » - Asian Development Banks, Poverty reduction Strategy

2. L’accès aux services pour les personnes handicapées, guide d’aide à la programmation, Diana Chiriacescu, Handicap International, 2011.

3. S. Miles, Strengthening Disability and Development Work, BOND Discussion Paper, Feb. 1999.

4. Voir Article 19 de la Convention relative aux Droits des Personnes Handicapées. Cet article précise notamment : « Les personnes handicapées aient accès à une gamme de services à domicile ou en établissement et autres services sociaux d’accompagnement, y compris l’aide personnelle nécessaire pour leur permettre de vivre dans la société et de s’y insérer et pour empêcher qu’elles ne soient isolées ou victimes de ségrégation ; ». La version française de la Convention a retenu « société » mais la version originale parle bien de « community »

5. Voir le document de positionnement conjoint sur la Réadaptation à Base Communautaire: ILO-UNESCO- OMS, 2004

6. Extrait du projet associatif “Acteur et citoyen !” adopté en 2006 par l’APF (Association des Paralysés de France)